Programmes du RABEC

Le RABEC pose le débat.

Ce Mercredi 2 Mars 2016 s’est tenu au siège du RABEC un débat portant sur le référendum que le Président Macky SALL compte soumettre à l’appréciation du peuple sénégalais le 20 Mars 2016. Référendum axé sur les quinze (15) points que les participants ont tenté de disséquer un à un afin de mieux cerner leur importance ou non pour faire objet de référendum. Pour une meilleure appropriation du thème, la discussion reposait sur ces trois (3) points suivants :
1.    Le référendum : définition, quel intérêt d’invoquer le référendum ?
2.    Quels sont les enjeux du référendum ? et ;
3.    L’appropriation des points du référendum.

La séance a débuté sous les coups de 11h par un mot de bienvenu du Directeur du RABEC, M. Youssoupha BADJI qui, après avoir salué l’assistance et remercié les uns et les autres d’avoir répondu présents pour ce sujet d’intérêt national, a contextualisé la rencontre et rappelé que sa mission première n’est pas de prendre position mais plutôt de poser le débat, d’informer et de conscientiser les populations. Il a terminé son intervention en  invitant les leaders de tout parti politique ou courants du « oui » ou du « non » de venir débattre sur la question.

Le secrétaire de séance du jour, M. Oumar FALL chargé de programme bonne gouvernance du RABEC, a ensuite pris la parole pour décliner les trois (3) points de l’ordre du jour cités plus haut.

Ainsi, concernant le premier point de l’ordre du jour nos juristes de formation ont campé le débat en apportant quelques définitions du terme « référendum » avant d’entrer dans le vif du sujet. Nous avons noté entre autres définitions :

  • Le référendum, c’est une consultation de la population sur certaines décisions importantes ;
  • C’est un processus de démocratie semi-directe : le Président peut juger nécessaire d’y passer ;
  • Le référendum doit porter sur une seule question puisqu’il fait appel à une réponse positive ou négative ;
  • Une définition selon les textes : c’est un procédé démocratique semi-directe servant à approuver ou à rejeter une proposition du gouvernement ;
  • Aussi un référendum peut ne pas concerner la constitution ;
  • etc.

Un tour de table s’en est suivi, accentué par une longue discussion pour une meilleure appropriation du terme référendum sur la base de questions-réponses.

Par la suite Mme BADJI, une des juristes présente au débat et membre du RABEC, a tenu à faire comprendre à l’assistance que si c’est vrai que les trois référendums que le Sénégal a connu portaient tous sur une question, il faut noter qu’il y avait également d’autres ponts non moins importants. Mais les politiques n’avaient pas jugé nécessaire d’entrer dans les détails ou simplement de l’éclater en plusieurs points, d’où la différence avec cette nouvelle proposition, poursuit-elle.

S’agissant de l’intérêt d’invoquer le référendum, toujours dans le premier point de l’ordre du jour, M. Thiam lui aussi juriste de formation et membre du RABEC y voit un miroir permettant au Président en exercice de mesurer sa popularité, sa force et même sa crédibilité vis-à-vis de la population.

La question des enjeux du référendum a été soulevée en second lieu. Cette fois-ci et comme avec les définitions du terme référendum, c’est M. Pape MBENGUE, lui aussi juriste qui se lance en premier. M. le juriste faisait constater que le Président a, pour justifier le référendum, convoqué les conclusions de la CNRI (Commission Nationale de Réforme des Institutions) ; or il est noté des écarts entre ces conclusions et la nouvelle mouture proposée. Une situation qui pose la pertinence des travaux de la CNRI qui aura couté plus de cinq cents (500) millions en terme de budget.

Le référendum devrait porter ou était supposé porter sur la réduction du mandat du Président, selon un intervenant. Cette question étant balayée par le Conseil Constitutionnel, le référendum perd alors tout intérêt, tout enjeu, poursuit-il. Et un autre d’ajouter, le référendum n’a que des enjeux politiques aussi bien pour les partisans du « OUI » que ceux du « NON ».

Entre autres enjeux soulevaient par les intervenants on peut citer le fait de mieux assoir son régime par le « oui », le taux de participation et le pourcentage de la population ayant répondu « oui ». Le régime en place compte également mesurer ses forces et/ou faiblesses dans les différentes localités du Sénégal. Le « non » servira également de baromètre à ce régime pour mieux cibler ses politiques dans les localités l’ayant opté en vue d’une prochaine élection. Le taux ou pourcentage d’abstention aura aussi son interprétation.

Par ailleurs, la crédibilité du Conseil Constitutionnel a été remise en cause pour la simple raison que la totalité de ses membres sont choisi par le chef du pouvoir.

Le troisième et dernier point sur lequel il fallait terminer consistait à l’appropriation des (15) points du référendum du 20 Mars 2016. En effet, après avoir tenté de répondre aux questions à savoir qu’est-ce qu’un référendum, quel est l’intérêt de l’invoquer et enfin quels sont ses enjeux, il était en ce moment temps d’étudier un à un les points proposés sur le référendum. Ainsi, la relecture de ces différents points a permis d’élucider les aspects que traite le référendum. Cette proposition de lois fut alors diversement appréciée par les participants dans la mesure où certains points ont soulevé des questionnements, d’autres jugés incompris au moment où d’autres étaient bien salués et certains jugés impertinents.

En définitive, le fait de poser le débat concernant la proposition de lois du Président en exercice du Sénégal M. Macky SALL a permis aux uns et autres de mieux s’approprier des 15 points qui composent le référendum. Cette séance de partage a également permis aux non-initiés en droit d’avoir des connaissances générales sur le terme référendum, en à croire leurs témoignages. En perspective, nous avons pu noter comme forte recommandation que ce genre de discussions devrait être vulgarisé et pérennisé pour que la majeure partie de la population s’approprie de ces questions d’ordre national. Aussi, les hommes politiques sont invités à débattre avec la société civile de leurs positions concernant le référendum. Ce débat sur le référendum du 20 Mars 2016 organisé par le département Bonne Gouvernance du RABEC a pris fin peu après 14h.