Programmes du RABEC

Atelier n°1 : Droit à l’éducation et à l’état civil des enfants talibés

Dans pratiquement tous les daaras du Sénégal, des femmes communément appelées « ndeyu daaras » interviennent pour assister les maîtres-coraniques dans la prise en charge de certains besoins des talibés. Ainsi, l’importance de leurs actions à l’endroit de cette cible très souvent oubliée dans les politiques gouvernementales n’est plus à démontrer au vu des impacts sur le plan sanitaire, alimentaire, vestimentaire et même éducatif.

Toutefois, la plus part des initiatives de ces braves dames pour les talibés sont ponctuelles voire événementielles ; en tout cas non inscrites dans une programmation qui leur permettrait de mieux mesurer les impacts dans la durée pour ainsi pérenniser leurs actions. C’est ce que le RABEC a compris en voulant renforcer les capacités des ndeyu daaras choisies dans le cadre de la mise en œuvre du projet ARDENT (Agir pour le Respect des Droits de l’Enfant Talibé).

 Alors, pour une prise en charge plus efficace des besoins primaires des talibés, il a été décidé dans le cadre du dit projet, de former les ndeyu daaras sur leurs rôles dans la protection des droits des enfants talibés. Ainsi, les jeudi et vendredi 31 mai et 1er juin 2018 ont marqué le démarrage des ateliers de renforcement de capacités de ces ndeyu daaras dont le thème « rôle des ndéyu daaras dans le cadre de la protection des droits de l’enfant : droit à l’éducation et à l’état civil des enfants talibés ».

A l’ouverture de l’atelier, Monsieur Youssoupha BADJI, Directeur-Exécutif du RABEC, a salué la présence des femmes ayant répondu à l’invitation du projet à s’engager aux côtés des maîtres-coraniques pour l’accompagnement des talibés. Tout en remerciant les partenaires techniques et financiers (Penny Appeal et United Purpose), il a aussi parlé des actions et activités du projet dont certaines sont déjà en cours d’exécution sans oublier de faire un bref résumé sur le contexte de la formation. En effet, il s’agissait dans le cadre de cet atelier de renforcement de capacités, de faire la promotion des articles 7 et 28 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant que le Sénégal a ratifiée.

Avant de passer à la séance de présentation individuelle et au recueil des attentes, à Mlle Awa DIOP, chef de projet à United Purpose, de présenter sommairement son organisation mais aussi de parler des perspectives du projet.

Entre autres attentes des bénéficiaires de cet atelier, nous avons noté :

  • Avoir les techniques et outils nécessaires à la pérennisation des actions des ndeyu daaras ;
  • Renforcer ses capacités en terme de pris en charge des enfants talibés ;
  • Structurer les actions et interventions à l’intention de cette couche vulnérable ;
  • Comprendre le concept de ndeyu daaras et ses obligations envers les talibés ;
  • Découvrir le travail communautaire pour les enfants ;
  • Renforcer ses connaissances pour une meilleure prise en charge des talibés ;
  • Comment approcher et accrocher les maitres coraniques afin de mieux les accompagner ;
  • Maitriser les devoirs des  ndeyu daaras envers l’enfant talibé ;
  • Comprendre la situation et le mode de vie des enfants talibés afin de les aider au mieux ;
  • Aider à améliorer les conditions de vie des enfants…

Autant souligner que ces attentes cadrent avec l’objectif général de cette formation des ndeyu daaras qui est de contribuer à une meilleure prise en charge socio-économique des enfants talibés.

Suite aux présentations et recueil des attentes, place maintenant à la première communication sur « la protection des droits de l’enfant en milieu urbain : le cas des enfants talibés de la région de Dakar ». Une communication assurée par Monsieur le juriste Amadou Coumbatine MBENGUE. Dans son discours, M. MBENGUE incite également les ndeyu daaras à développer leur capacité d’écoute afin que leurs interventions prennent en compte les besoins exprimés par les enfants eux-mêmes. Aussi, afin de tester si sa communication a été bien suivie, Monsieur le juriste expose un cas d’école concernant un talibé de 18 ans qui aurait violé une fille de 15 ans. L’exercice visait à savoir l’attitude de la ndeyu daara face à une telle situation.

Mme Véronique BADJI, modératrice de la formation, n’a pas manqué de prendre la parole de temps à autre pour synthétiser mais aussi renforcer l’argumentaire de monsieur le communicateur.

La deuxième communication portait sur « les stratégies de surveillance nutritionnelle » et fut assurée par M. El hadji Amady THIAM, relai communautaire et par ailleurs chargé de programmes au RABEC. Mme Astou Ndoye NDIAYE, assistante nationale du PRE (Projet de Réintégration des Enfants) de Sos village d’enfants, a eu l’amabilité de venir partager leur expérience dans la prise en charge de la situation des enfants talibés avec l’accompagnement des ndeyu daaras.

La dernière partie de cette première session de formation des ndeyu daaras du projet ARDENT fut réservée aux travaux de groupe qui avaient pour but de permettre à ces relais de proposer une structuration pour leur groupe et dresser un plan d’actions.

En définitive, les nombreuses questions soulevées par les ndeyu daaras ayant suivies les deux jours de formation montrent une volonté manifeste de ces femmes à s’impliquer activement pour la cause de l’enfant talibé. Encouragement à elles et bonne continuation, pleins succès au projet Agir pour le Respect des Droits de l’Enfant Talibé !

Images de l'atelier de formation

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